Manger des carottes crues pour une mâchoire en santé

Mon fils qui ronflait

Le sujet que j’aborde ici en est un qui m’a apporté des heures et des heures d’inquiétude pendant plusieurs années.

Ça a commencé quand j’ai entendu pour la première fois mon fils de 3 ans ronfler et faire des pauses respiratoires pendant la nuit.

Oh boy!

Comment vous décrire ce que j’ai ressenti la première nuit…. puis la suivante…. et toutes les autres qui ont suivi, pendant plusieurs mois. C’est comme si mon coeur arrêtait de battre à chaque fois.

Je passais des heures à l’écouter respirer, debout dans le cadre de porte de sa chambre, puis ça se terminait par encore plus d’heures sur l’ordi, à fouiller et rechercher tout ce qui pouvait m’aider à comprendre ce qui se passait chez mon fils.

Mes découvertes

Ce que j’ai découvert, c’est qu’il y a un immense aspect de la santé de nos enfants qui est complètement ignoré par les parents et même par la plupart des professionnels de la santé.

J’ai découvert que ce n’était pas normal que mes enfants aient la bouche ouverte quand ils regardent la télé, que leurs dents de bébé n’aient pas d’espace entre chacune d’elles, qu’ils grincent des dents la nuit, qu’ils aient de la misère à mâcher de la viande, qu’il y ait plein de traces de bave sur leur taie d’oreiller, qu’ils bougent sans cesse en dormant et qu’ils se réveillent les yeux cernés…

Ce que j’ai découvert, c’est que mon fils (en fait mes trois fils!) ont un trouble myofonctionnel orofacial. C'est un dysfonctionnement des muscles de la bouche et du visage qui peut inclure des problèmes de respiration, de déglutition, de mastication et de positionnement de la langue.

Si vous souhaitez pousser vos recherches sur le sujet, vous pouvez consulter les nombreux articles de blogue de Marie-Emmanuelle Marchand, orthophoniste spécialisée dans les troubles myofonctionnels orofaciaux.

En gros, on devrait toujours respirer par le nez, avoir notre langue au palais quand on est au repos et nos mâchoires devraient croîtrent suffisamment pour accueillir toutes nos dents d’adulte, sans avoir besoin d’en faire arracher ou de porter des broches pour les mettre droites.

Alors qu’est-ce qui se passe dans nos premières années de vie pour qu’on change de trajectoire et développe des symptômes comme le ronflement de mon fils ou qu’on doive investir des milliers de dollars dans des traitements d’orthodontie?

Il peut se passer bien des choses car c’est vraiment une problématique multifactorielle: frein de langue à la naissance, allaitement écourté, utilisation prolongée de la suce chez le bébé, beaucoup d’alimentation en purées et peu de mastication, nombreux rhumes qui obligent à respirer par la bouche, allergies…

Tous ces facteurs peuvent créer des dysfonctionnements des muscles de la bouche et du visage qui peuvent avoir des conséquences très sérieuses, notamment l’apnée du sommeil.

Comment aborder la problématique

Il faut aborder le problème à partir de différents angles. Ça demande vraiment une approche multidisciplinaire et le support de professionnels qui s’y connaissent dans le domaine.

Aujourd’hui, mon fils a 7 ans et est en train de compléter un traitement d’orthodontie d’un an pour élargir son palais.

On est suivi en orthophonie pour la rééducation des muscles de la bouche et du nez.

Je prévois consulter un chirurgien dentaire éventuellement pour corriger un frein de langue.

Mais surtout, en tant que parent, l’angle principal sur lequel j’ai un impact positif, c’est celui de l’alimentation.

L’impact de l’alimentation

« Il est fascinant de constater que nos ancêtres, chasseurs cueilleurs, avaient des mâchoires spacieuses et bien alignées, sans les problèmes d’encombrement dentaire que nous connaissons aujourd’hui. Les anthropologues, comme le Dr Richard Klein de Stanford, n’ont trouvé que peu d’exemples de malocclusion dans les fossiles humains anciens. Ce n’est qu’avec la sédentarisation et l’évolution de nos habitudes alimentaires, notamment la transformation des aliments, que la taille et la force des mâchoires humaines ont commencé à décliner. En mangeant des aliments moins résistants, nos mâchoires et nos dents se sont progressivement modifiées, contribuant à l’augmentation des cas de malocclusion dans les sociétés modernes. » (La qualité de notre morsure, par Marie-Emmanuelle Marchand, 2024 https://monorthophoniste.com/la-qualite-de-notre-morsure/)

Quand je planifie les repas et les collations de la semaine, je m’assure évidemment qu’ils soient complets au niveau nutritif. Par contre, je ne m’arrête pas là. Je garde toujours en tête d’incorporer des aliments qui vont offrir un certain challenge au niveau de la mastication.

C’est facile de se concentrer uniquement sur le côté nutritif. Des oeufs, un smoothie, de la soupe, du riz, du steak haché, du poisson… voici des exemples d’aliments qui nous nourrissent par leur qualité nutritive mais qui sont relativement mous et qui n’offrent aucun bénéfice au niveau de la stimulation mécanique de la mâchoire.

Quelques carottes entières par jour pour une mâchoire en santé

Et c’est pourquoi mes enfants et moi mangeons plusieurs carottes crues par jour. Pas coupées, toutes entières. Je trouve que c’est l’aliment idéal pour stimuler les muscles de la mâchoire. Quand je pars de la ferme, je mets quelques carottes sur le siège de l’auto, puis je vais chercher les gars à l’école. En route vers la maison, ils croquent dans leurs carottes et font travailler les muscles importants de leur visage. Point bonus s’ils mâchent la bouche fermée et respirent par leur nez en même temps!

Voici d’autres aliments que j’aime intégrer dans notre alimentation, spécifiquement pour pratiquer une mastication avec un peu plus de résistance:

Saucissons secs

Choux-raves

Morceaux de viande qu’il faut mâcher plus longtemps (ça, c’est pas ce qu’ils préfèrent!)

Avelines

Mangues séchées

Pain crouté

Gomme à mâcher (la marque PÜR)

Le savoir, c’est le pouvoir

Quand on détient certaines informations qui nous permettent de reconnaitre des problématiques dans notre santé, on détient le pouvoir de changer les choses. J’espère de tout coeur que mon partage aura aidé ne serait-ce qu’un parent à reconnaître certains symptômes chez leur enfant.

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